Bilan carbone de la pêche : La pêche française refuse la caricature et appelle à un débat sérieux

17 novembre 2025

L’UAPF et l’ANOP réagissent à la publication conjointe, ce jour, du rapport « Bilan des émissions carbone de la pêche française » (The Shift Project / BLOOM) et du rapport militant « Les condamnés de la mer » publié par BLOOM. Cette double communication reproduit un schéma désormais classique pour BLOOM : utiliser un rapport présenté comme technique pour légitimer un second document rédigé à charge contre la pêche française.

Des contributions ignorées et un rapport non conforme aux standards scientifiques

Bien que l’UAPF et l’ANOP aient transmis une analyse technique, certes non exhaustive, dans le cadre de la consultation organisée par The Shift Project en seulement trois semaines, les observations professionnelles, fondées sur les normes ISO 14040–44, les lignes directrices de la FAO et les référentiels Agribalyse, n’ont pas été intégrées.

À tout le moins, le seul indicateur véritablement pertinent pour comparer l’efficience environnementale des pêcheries françaises reste l’intensité carbone par kilogramme débarqué, afin de pouvoir, in fine, comparer les filières qui commercialisent ces produits.

Julien Lamothe, secrétaire général de l’ANOP :
« C’est le principe retenu dans les autres secteurs. En agriculture, on calcule les émissions en kilogrammes de CO₂ par kilo de blé ou de tomate produit “sortie ferme”, et non la consommation totale d’un tracteur. Dans le transport, on raisonne en grammes de CO₂ par passager et par kilomètre parcouru, et non sur les émissions totales d’un avion ou d’un train. C’est donc sur la base de cet indicateur d’efficience, et non de postes périphériques, que les comparaisons intersectorielles pourront être scientifiquement fondées et équitables. »

Concernant l’abrasion des fonds et les émissions de CO₂, l’UAPF et l’ANOP souhaitent rappeler un fait simple : la science ne valide absolument pas les hypothèses avancées par BLOOM et reprises dans le rapport. Les travaux auxquels l’association se réfère ont été formellement réfutés par plusieurs instances internationales : le CIEM, des programmes scientifiques européens tels que FISP, l’étude CARBOCHALU menée par le LSCE, ainsi que de nombreuses publications récentes. Pire encore, toutes les limites identifiées dans le rapport du Shift Project n’apparaissent nulle part dans le rapport de BLOOM.

Un discours militant et contradictoire : se prétendre défenseur d’une « pêche durable » tout en prônant sa disparition

BLOOM affirme vouloir « défendre la pêche durable » tout en promouvant des mesures qui conduiraient, de fait, à la fin de la pêche française : interdiction des engins de fond, condamnation des navires hauturiers, réduction drastique de l’effort de pêche et promotion exclusive des engins dormants. « Les condamnés de la mer » recycle ni plus ni moins les accusations déjà formulées dans ses précédentes productions.

Ces propositions ignorent délibérément les contraintes biologiques, économiques, de sécurité et de souveraineté alimentaire, alors même que les pêcheries hauturières françaises utilisant des engins de fond contribuent à plus de 50 % des volumes débarqués.

Marc Ghiglia, délégué général de l’UAPF :
« À un moment, il faut poser la vraie question : comment garantir, demain, du poisson français dans nos assiettes ? Car on oublie trop souvent une réalité simple : 70 % des produits de la mer consommés en France viennent déjà de l’importation, principalement extra-UE, là où les standards sociaux, environnementaux et scientifiques n’ont rien à voir avec ceux de l’Union européenne. »

Une culpabilisation permanente des pêcheurs français, pourtant parmi les plus responsables au monde

À force de critiquer sans relâche les pêcheurs français, certains finissent par faire oublier que la France et l’Union européenne sont des leaders mondiaux en matière de gestion durable des pêches, et que la majorité des stocks exploités par la flotte française sont gérés durablement selon les avis scientifiques du CIEM.

Et pourtant, à écouter ce discours militant, la flotte française serait responsable de « tous les maux de la planète ». Si nous voulons encore une pêche française demain, il faut cesser de la caricaturer. Si nous voulons continuer à produire en France du poisson durable, contrôlé, encadré et conforme aux standards européens les plus exigeants, il est temps d’arrêter de culpabiliser ceux qui font déjà plus que la majorité, et de regarder enfin où et comment sont produits les 70 % importés.

L’UAPF et l’ANOP réaffirment leur engagement pour une transition fondée sur la science, la rigueur et la transparence, et non sur des slogans ou des opérations de communication militantes.

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Contacts presse : Julien LAMOTHE, ANOP : anoprod@gmail.com / Jérôme JOURDAIN, UAPF : jj@uapf.org